Projet de Lila Agoune, étudiante en L1 à l'ENSA Lyon

ENSA Lyon : la première année vue par une étudiante


A quoi ressemble vraiment la première année à l’ENSA Lyon ?
Lila Agoune, une ancienne élève que j’ai accompagnée en terminale, y étudie aujourd’hui en troisième année. Dans cet article, elle témoigne de son quotidien en L1 à l’ENSA Lyon et ce qu’elle conseillerait à un futur candidat.


Par Ilyas Elhams
Diplômé d’Etat en Architecture de l’ENSA Paris-Est
Fondateur de Next Line Studio
126 élèves formés / 91 admis en ENSA / 72% de taux de réussite


Un bâtiment, deux ambiances : le RDC et l’atelier

Les locaux de l’ENSA Lyon sont très séduisants. « Il n’y a qu’un seul bâtiment, en longueur, avec une rue centrale. Cette rue coupe l’édifice en deux en plus d’un atrium qui abrite l’administration », décrit Lila.

Les espaces de travail sont organisés en trois niveaux (RDC, 1er étage, 2ème étage). « Le rez-de-chaussée, ce sont les salles où on suit les enseignements théoriques : l’amphi, la bibliothèque. Le premier étage, c’est là qu’on retrouve tout l’enseignement pratique, les ateliers de projet. »
De part et d’autre de cette rue centrale, les ateliers des licences font face à ceux des masters. L’édifice comporte également des espaces extérieurs ainsi qu’une extension comportant un atelier, des salles de cours et un fablab, un espace de travail expérimental.

Sur l’ambiance générale, elle est plus directe : « ça grouille pas, on se sent pas oppressé. Ça peut paraître bête, mais on circule bien, il y a beaucoup d’espace par rapport au nombre d’élèves. » Un point qu’elle recommande d’observer si tu visites l’école au moment des Portes Ouvertes, bien avant d’en parler en entretien.

Le rythme d’une semaine à l’ENSA Lyon

Etudiante en première année à l'ENSA Lyon
Lila Agoune en séance de correction de projet – Atelier de projet encadré par Jérémy Taite et Pierre-Yves Rustand – ©Lila Agoune / ENSA Lyon

« Les choses sont faites pour que quand une promo a cours, une autre soit en journée d’atelier », explique Lila. Le lundi est par exemple réservé au projet, en atelier, avec un professeur référent qui suit chaque groupe. Le mardi, les L2 sont en projet quand les L1 enchaînent les cours magistraux.
Au fil de la semaine, on retrouve plusieurs cours comme « Ville, territoire et société ». Il s’agit du cours préféré de Lila pour son croisement d’anthropologie, de sociologie et d’urbanisme.

Dans cet article dédié à l’emploi du temps, je te détaille le planning de première année à l’ENSA Lyon. Sur son organisation, Lila est préfère travailler son projet chez elle et ne pas avoir beaucoup de cours l’après-midi. « C’est différent d’une journée de lycée, et ça me correspond plus. »

L’enseignement de projet en première année

La première année est décomposée en deux semestres, chacun rythmés par des projets. Le premier semestre de L1 en proposait deux. « Au premier semestre, on a eu un projet d’analyse pour rentrer dans le bain », raconte Lila. L’exercice consiste à reproduire en maquette et en plans un bâtiment d’un architecte de référence, pour s’approprier les codes.
Le projet concluant le premier semestre était un pavillon, un édifice dont le programme n’est pas fixé. « C’est volontaire, pour voir si on est capable de produire nous-mêmes quelque chose d’intéressant avec peu d’instructions. »

Au second semestre, un seul projet occupe l’année : un bain public troglodyte. L’exercice est rythmé en trois rendus : un intermédiaire, un à l’échelle 1/200 et un rendu final en montage photo. « Le rendu au 1/200 est celui qui a compté le plus car c’est celui qui a fixé le projet »

La charge de travail grimpe donc en conséquence. « On a des planches au format raisin à faire (50x65cm). On doit en faire entre quatre et six par semaine, avec une maquette qu’on doit réaliser nous-mêmes », précise-t-elle. En L1, tout se fait encore à la main, sans logiciel.



La charge de travail et l’organisation

Lila Agoune, étudiante en L1 à l'ENSA Lyon au travail
Lila Agoune, étudiante en L1 à l’ENSA Lyon, au travail – Travail encadré par l’équipe enseignante ATR & Marie-Claire Mitout – ©Lila Agoune / ENSA Lyon

Dès le premier semestre apparaît ce que Lila appelle « le piège des charrettes ».
La charrette désigne la période de travail intensif, stressante et nocturne qui précède la date limite de rendu d’un projet.
« Je ne recommande pas du tout : ça décale le rythme, ça rend fatigué et moins productif. »

De nombreux étudiants font face à cette épreuve et la charrette constitue un sujet prix au sérieux par les administrations. Face à la charge de travail conséquente et l’organisation demandée, Lila conseille une approche plutôt pragmatique. « Je pense qu’il vaut mieux travailler toute la journée que travailler la nuit. Seulement des fois, il faut se préparer à devoir enchaîner des 12h de travail. Ça, on ne nous le dit pas forcément avant d’y arriver. »

Avec l’expérience, Lila a pu prendre du recul sur la pression liée au travail. « Je suis beaucoup moins stressée cette année en projet », constate-t-elle en comparant sa L2 à sa L1. Elle a appris à distinguer la critique du projet de celle de sa personne. « Ce qui se dit sur mon projet, c’est sur mon projet, c’est pas sur moi. J’ai pris beaucoup de distance avec cette première année, et je suis plutôt fière de moi. »

Le système d’entraide et l’ambiance à l’ENSA Lyon

Arrivée à la rentrée en première année, Lila n’était pourtant pas sereine pour autant. « J’étais vraiment stressée parce que j’espérais que ça se passe mieux qu’au lycée. J’avais vraiment de hautes attentes », raconte-t-elle. « Je me suis dit : moi, j’ai pas trop aimé mon lycée, je me sentais pas trop à ma place. »

Heureusement, la suite la rassure assez vite. « Je suis tombée sur des personnes avec le même état d’esprit que moi. J’ai aussi constaté qu’il y avait un vrai écart de maturité avec le lycée. C’était vraiment très cool, j’ai super bien vécu ma rentrée. »

Elle relie cette impression au profil recherché par l’école. « Les profils qui sont acceptés, ce sont des profils qui se veulent matures, curieux, intéressés par plein de choses. » Résultat, selon elle : « c’était plus facile de se faire des amis, pour des vrais liens. Je me sentais beaucoup plus comprise et beaucoup plus à l’aise. Je pense que j’ai créé des amitiés plus fortes en moins de temps à l’ENSA que précédemment dans ma vie. »

Cette entraide dépasse le cercle des amis. « Un système de parrainage met en lien chaque L1 avec un étudiant plus âgé. Il y a aussi les élèves des promotions supérieures qui passent spontanément en atelier pour aider ceux qui bloquent. » Lila y ajoute sa propre implication : elle s’investit aujourd’hui dans une association étudiante de l’école (photo, montage, audiovisuel, musique).

Le déclic et le choix de l’école

« Au lycée, j’étais une étudiante en scientifique, maths, physique, SVT. C’est à partir de la première que j’ai commencé à envisager l’architecture comme une piste intéressante à explorer », raconte-t-elle.
Le déclic vient d’un conseil de sa mère, qui la connaît bien et savait l’ENSA Lyon proche de chez elles. Après des portes ouvertes suivies sans grande conviction, puis des échanges avec des étudiants de l’école, Lila change d’avis. « Je me suis dit que c’était vraiment cool, et quand je regarde mon profil, je me projette dedans. »

Les conseils de Lila avant de te lancer

Lila Agoune, étudiante en L1, en intensif à l'ENSA Lyon
Lila Agoune, étudiante en L1 à l’ENSA Lyon, en intensif – Projet encadré par Suzanne Monnot et Serge Monnot – ©Lila Agoune / ENSA Lyon

« Je conseillerais aux candidats d’être au clair sur pourquoi ils veulent faire ces études, être capables de l’expliquer, de le verbaliser », avance Lila à l’attention des terminales qui hésitent encore. C’est une question qui revient, selon elle, dès les premiers obstacles rencontrés en cours de cursus.

Son second conseil porte sur la posture à l’arrivée : « je leur conseillerais d’être curieux, très curieux, et humble aussi : même des architectes qui exercent depuis 50 ans ont encore 1000 choses à apprendre. En début de cursus, c’est important d’arriver humble avec des questions plutôt qu’arrogant avec des réponses. »

Vérifier si l’ENSA Lyon peut te correspondre

Le témoignage de Lila donne une image concrète de ce qui attend un admis à l’ENSA Lyon : le bâtiment, le rythme, les projets, la charge de travail, et ce sentiment d’y trouver sa place. Reste à savoir si ce quotidien-là correspond à ton propre parcours.

C’est précisément ce qu’on regarde ensemble lors d’un rendez-vous d’orientation : ton profil, tes motivations, et ce qui, dans ton parcours, peut se projeter dans une école comme celle-ci. Personne ne peut garantir une admission, et je ne te ferai jamais cette promesse. Mais on peut évaluer sérieusement, ensemble, si cette voie te correspond avant que tu ne montes ton dossier.

Réserve ton rendez-vous d’orientation en visio, en présence des parents, pour qu’on regarde ensemble où tu en es et ce que ça donnerait pour toi à l’ENSA Lyon.

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